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Bureautique : l'Europe lance son alternative à Microsoft 365, mais utilise quand même Excel
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Une startup néerlandaise vient de lancer Office EU, une suite bureautique 100 % européenne et open source, présentée comme l'alternative directe à Microsoft 365 et Google Workspace.

Image illustrant l’article : Bureautique : l’Europe lance son alternative à Microsoft 365, mais utilise quand même Excel
- Office EU, suite bureautique européenne open source lancée en mars 2024, propose mail/agenda/docs collaboratifs sur serveurs Hetzner à Helsinki pour échapper aux géants américains, mais l’adoption restera limitée tant que Excel domine les workflows
- La Commission européenne impose le format Excel .xlsx pour consulter sur le Cyber Resilience Act, forçant les participants à avoir une licence Microsoft pour répondre à une consultation publique européenne
- Le discours européen sur la souveraineté numérique perd toute crédibilité quand l’UE elle-même ne peut pas utiliser des formats ouverts pour ses propres formulaires, révélant le vrai verrouillage : la compatibilité des fichiers, pas l’hébergement
Une startup néerlandaise vient de lancer Office EU, une suite bureautique 100 % européenne et open source, présentée comme l’alternative directe à Microsoft 365 et Google Workspace.
Dans le même temps, la Document Foundation reproche à la Commission européenne d’imposer le format Excel comme seul format dans une consultation publique sur le Cyber Resilience Act.
Office EU, la suite cloud made in Europe
Office EU a été lancé le 4 mars depuis La Haye, aux Pays-Bas. Derrière le projet, on trouve EUfforic Europe BV, une entreprise fondée en 2024 et dirigée par Maarten Roelfs. La suite est construite sur Nextcloud Hub et utilise Collabora Online pour l’édition de documents, le tout hébergé sur des serveurs Hetzner à Helsinki.
Le pitch est simple : mails, fichiers, agenda, documents collaboratifs et appels, sans passer par un acteur américain. Les prix sont annoncés comme “comparables” à ceux du marché, et le déploiement se fait pour l’instant sur invitation.
La Commission européenne prise en flagrant délit
Pendant ce temps, la Document Foundation (l’organisation qui gère LibreOffice) a publié une lettre ouverte pour dénoncer un choix assez embarrassant de la Commission européenne. Pour recueillir les retours sur les lignes directrices du Cyber Resilience Act, Bruxelles a mis en ligne un formulaire uniquement au format .xlsx.
Autrement dit, un fichier Excel. Pas de version en format ouvert, pas de .ods. La Foundation parle de “biais structurel” et rappelle que l’Union européenne défend depuis des années les standards ouverts et la réduction de la dépendance aux fournisseurs propriétaires. Comme l’a formulé Italo Vignoli : “Participer pleinement à une consultation publique européenne nécessite une licence Microsoft. Le message est quand même assez clair.”
L’Europe prêche, mais ne pratique pas toujours
Cette contradiction arrive à un moment où le discours sur l’indépendance numérique du continent n’a jamais été aussi fort. Le “Made in Europe” ne concerne plus que les voitures ou l’aluminium : les logiciels aussi sont dans le viseur, et des projets comme Office EU ou CollabNext en France montrent qu’il y a une vraie demande.
Sauf que voilà, quand l’Europe elle-même impose un format propriétaire complètement américain pour ses propres consultations, ça flingue un peu le message. La Document Foundation demande simplement que les templates soient aussi fournis en format ouvert. Ce qui ne coûte quasiment rien à mettre en place.
Le timing de ces deux annonces est presque trop beau. On a d’un côté une startup européenne qui se lance avec une suite bureautique souveraine. De l’autre, la Commission utilise Excel comme seul format pour une consultation sur la cybersécurité.
Sur le papier, Office EU a du mérite, mais il va falloir bien plus qu’un hébergement à Helsinki pour convaincre des entreprises de lâcher Microsoft 365. La compatibilité des fichiers, les fonctions avancées d’Excel, les intégrations avec Teams et Outlook, c’est ça le vrai verrouillage, bien plus que l’emplacement des serveurs.
Bref, c’est ubuesque, tant que la Commission n’arrivera pas à se passer d’Excel pour un simple formulaire, le discours sur la souveraineté numérique va continuer à sonner très creux.
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